Église des Saints Pantéleimon et Nicolas, rue Jean André de Mot 47, 1040 Bruxelles (Etterbeek)
La communauté orthodoxe de Belgique se déchire dans un conflit : « Ils veulent nous chasser de notre église ».
 « Ils veulent nous chasser de notre église ». |
par Gilbert Dupont ETTERBEEK. Un conflit déchire la communauté orthodoxe de Belgique. En cause, selon l'une des parties, son « allégeance au patriarcat de Moscou », grand soutien de Poutine.
DH - LES SPORTS' 17/06/2026 www.dh.be FAITS "Ils veulent nous chasser de notre église" Un conflit déchire la communauté orthodoxe de Belgique. En cause, selon l'une des parties, son "allégeance au patriarcat de Moscou", grand soutien de Poutine. La DH apprend qu'un conflit, jusqu'à présent discret et non médiatisé, déchire la communauté chrétienne orthodoxe de Belgique qui compte entre 100000 et 150000 fidèles, pour moitié à Bruxelles, issus principalement des diasporas grecque, russe, roumaine, bulgare, serbe et géorgienne.
À travers ses dirigeants, le litige oppose deux églises, l'une d'obédience roumaine, l'autre de tradition russe et, bien qu'apolitique, placée sous l'autorité du patriarcat de Moscou et du patriarche Cyrille, ce très proche de Vladimir Poutine.
Les paroissiens, qui nous ont contactés, résument ainsi l'enjeu: « On veut nous chasser de notre église ».
Leur paroisse Pantéleimon et Nicolas se trouve rue De Mot à Etterbeek, dans le quartier européen. C'est l'une des plus anciennes du pays, chargées d'histoire et de traditions. Des Russes blancs l'ont créée en 1929. En 1948, pour s'en rendre propriétaire, Ils ont créé une ASBL, la COPA (COnférence de St-PAntéleimon).
Le conflit l'oppose aux nouveaux dirigeants issus d'une autre paroisse orthodoxe bruxelloise, celle de la rue Paul Spaak, dans le quartier Louise.
L'affaire est en justice, les administrateurs demandant aux tribunaux de les expulser du bâtiment qu'ils occupent depuis près d'un siècle. Un conflit fratricide, en quelque sorte.
C'est ici qu'il faut préciser que la paroisse de la rue De Mot relevant de l'arch-vêché (de tradition russe) de Paris depuis sa création, lui-même rattaché au patriarcat oecuménique de Constantinople, a été amenée, en 2019, à devoir changer de juridiction et se placer sous l'obédience du patriarcat de Moscou.
Tandis que celle de la rue Spaak, consacrée à la sainte Trinité et aux saints Côme et Damien, relève, depuis 2018, du patriarcat roumain.
C'est peu dire que le torchon brûle entre les deux.
« Zizanie » Pour comprendre, il faut rembobiner le film et commencer par le fait qu'au début des années 1980, la paroisse de la me Spaak, initialement créée par celle de la rue De Mot comme une annexe francophone, a reçu de celle-ci un bel immeuble obtenu par héritage. Le bail, un emphytéotique d'une durée de 50 ans spécifiait, cependant, que la paroisse de la rue Spaak devait consacrer le rez-de-chaussée au culte orthodoxe placé sous l'autorité de l'archevêché de Paris. L'entente fut parfaite jusqu'au début des années 2010, quand les paroissiens de la rue De Mot découvraient avec stupeur qu'à la suite de décès et de démissions d'anciens administrateurs de leur ASBL, le contrôle de leur église était subtilement passé sous l'autorité des dirigeants de leur paroisse annexe. Bientôt les choses s'enveniment. « 11 s'est créé une zizanie qui s'est traduite par le départ d'une poignée de paroissiens. Mais nous étions encore tous, tant nie Spaak que rue De Mot, sous l'obédience de l'archevêché de Paris et du patriarcat de Constantinople ». « Perdre ce procès serait une catastrophe » Jusqu'au jour, poursuivent les fidèles de la rue De Mot, où il fut question de les basculer sous l'obédience de l'église roumaine, sachant qu'ils sont historiquement attachés à la tradition russe tout en se voulant apolitiques, accueillant tant les fidèles d'origine russe que baltes, d'Ukraine et de Pologne.
« Catastrophe » Rue De Mot, on n'a pas vu venir le danger. Le 12 novembre 2020, les fidèles apprenaient que leur paroisse était citée devant le juge de paix d'Etterbeek par les nouveaux dirigeants qui avaient selon eux « pris subtilement le contrôle de leur ASBL ».
Les nouveaux administrateurs demandaient leur expulsion du bâtiment (pourtant acquis en 1948), l'abandon des icônes et du mobilier liturgique, un dédommagement d'occupation (fixé à 1 100 euros/mois, depuis 2020) et 250 euros d'astreinte par jour (depuis 2022).
Ce procès est toujours en cours. La décision est imminente. « Le perdre serait une catastrophe », alertent les fidèles de l'église de la rue De Mot « Nous perdrions un lieu de culte sacré, un endroit précieux où les anciens qui avalent fui les Soviets après la révolution bolchevique de 1917 priaient, se retrouvaient et communiaient. Ils ont entretenu cette église en y mettant toute leur énergie, leur temps libre et leur coeur. C'est, pour la communauté orthodoxe de Belgique, un lieu chargé d'histoire. Si nous devions la quitter, nous n'aurions pas les moyens de recréer une nouvelle église et de retrouver des ornements liturgiques de la valeur de ceux rassemblés au cours des décennies. Nous risquerions de perdre aussi la reconnaissance des autorités belges. Ce serait une catastrophe ».
« La réponse » En face, la réponse, apportée par le conseil de l'ASBL COPA, Me Isabelle de Moffarts, est cinglante. « En 2020, la Fabrique d'église de la petite chapelle de la rue De Mot a décidé de faire allégeance à l'église orthodoxe de Russie dont le chef suprême est le Patriarche Cyrille Goundiaïev (au sujet duquel je vous invite d investiguer). Les membres de ma cliente n'adhèrent pas à l'idéologie de ce prélat, ce qui est un droit fondamental dans notre société démocratique. La Fabrique d'église a ainsi commis une voie de fait en prenant possession du bâtiment contre la volonté de son légitime propriétaire. Par ce choix qu'elle a librement et délibérément posé, la Fabrique d'église était consciente qu'elle ne pourrait plus utiliser la chapelle de la rue De Mot Or la Fabrique d'église refuse délibérément d'exécuter le Jugement de première instance qui la condamne à restituer les lieux. Si la cour d'appel confirme le jugement, les personnes devront rendre les clés du bâtiment et le mobilier et trouver un autre lieu pour exercer leurs activités, ce dont elles sont conscientes depuis plus de six ans. Ce litige ne concerne en rien la liberté de culte, il porte uniquement sur la Jouissance d'un bien appartenant à ma cliente ».
Patriarche de Moscou et de toutes les Russies, Cyrille, né Vladimir Gou-diaïev, classé comme ayant appartenu au KGB, est l'un des piliers du régime de Vladimir Poutine depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022. Si elle est de tradition orthodoxe russe, on insiste avec force, rue De Mot, sur le fait que la paroisse se veut strictement apolitique. Gilbert Dupont
DH Dernière Heure. Les sports
http://www.vava.be/Russian-events-Notice.htm?IDEvent=8933 https://www.dhnet.be/actu/faits/2026/06/17/la-communaute-orthodoxe-de-belgique-se-dechire-dans-un-conflit-ils-veulent-nous-chasser-de-notre-eglise-UKGEFFZYVZEVREJOWCIMB2L7IA/
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